Les rivières pourpres
2003 - Réalisation : Mathieu Kassovitz. Scénario : Mathieu Kassovitz et Jean-Christophe Grangé. Produit par Alain Goldman. Une production Studio Légende et Gaumont. Avec : Jean Reno, Vincent Cassel, Nadia Farrès, Jean-Pierre Cassel

Le même jour, à trois cents kilomètres de distances, deux flics se voient confier deux affaires singulières. Niémans, homme d'expérience, qui possède un instinct sans faille en matière criminelle, mais cache de douloureuse hantises, se rend à Guernon, une ville universitaire des Alpes, sur les lieux d'un meurtre avec mutilation. Max Kerkérian, jeune, aigu, solitaire, ex-voleur de voitures, ayant intégré les rangs de la police par amour de la nuit et du danger, enquête à Sarzac, sur la profanation d'un cimétière, concernant la tombe d'une enfant, disparue en 1982. Bientôt, les deux enquètes se rejoignent. Les meurtres se multiplient. La vérité dépasse toutes hypothèses et emménera les deux policiers en haute altitude, aux portes de la mort et de la glace.

Quatrième long-métrage 35mm ET couleur ET scope, ça devient sérieux.

Après la violence et le suicide médiatiques d’ASSASSIN(S), j’avais envie de nouveaux horizons. Ma curiosité pour le cinéma américain et ses secrets de fabrications, m’ont donné l’opportunité de partir à Los Angeles pendant deux ans.

J’y ai développé un script, et appris beaucoup sur Hollywood et ses mystères, j’ai participé à beaucoup de différents projets qui ne verront pas le jour, au point que j’ai envisagé (pendant 2 secondes) de faire un Steven SEAGAL ou un Van DAMME …

En deux ans, j’apprends beaucoup sur la Machine Hollywoodienne, ce qui me servira par la suite.

Je reviens donc en France sans réels projets concrets, mais dans la même semaine, Alain GOLDMAN (producteur à 25 ans de 1492 de Ridley Scott quand même) m’envoie le roman de J.C Grangé. Je dévore le bouquin de 500 pages en une nuit et je frissonne comme quand je lis un bon Stephen KING.

Je me lance dans l’aventure dans le but de découvrir un nouveau cinéma que je n’ai jamais approché, moins personnel mais plus visuel, avec le plaisir du spectateur pour cible. Du cinéma élevé au grain.

Tournage difficile physiquement et techniquement, car ce genre de film étant à l’époque inexistant du paysage français, nous avons essuyé les plâtres de beaucoup de technologies. Nous avons apporté une grue sur un glacier, renversé un Ratrack (tracteur des neiges) sur des vérins hydrauliques, descendu Jean RENO et Nadia FARES en rappel dans une faille de glace, cassé le nez de Vincent CASSEL pendant une bagarre… Bref ça à été une expérience « extra-ordinaire » qui m’a aidé à comprendre un peu mieux la fabrication de ce genre de monstre cinématographique.

Un film comme celui-ci aurait coûté minimum 50M$ à Hollywood, mais nous l’avons fait pour 14… J’en suis très fier.

Mathieu Kassovitz



© mathieukassovitz.com

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