Cauchemar blanc
1991. Réalisation : Mathieu Kassovitz. Adaptation de la BD de Moebus : Le Cauchemar Blanc. Avec : Yvan Attal, Abder El Kebir, Francois Toumarkine, Jean-Pierre Daroussin

Dans une banlieue parisienne, quatre "francais" attendent, comme chaque dimanche soir, que le "mal blanchi" apparaisse a portée de leurs gourdin.

Deuxième court-métrage. 35 mm, Noir et Blanc.

Adapter Moebius au cinéma est le rêve de beaucoup de réalisateurs, mais son imagination est trop riche pour être fidèlement représentée dans une œuvre tridimensionnelle.

En 30 ans de carrière, il a écrit une seule bande dessinée réellement adaptable pour l’écran, elle est inspirée par un événement tragique de 1974. Des racistes ont tabassé et tué un « bicot » au milieu des immeubles d’une cité de banlieue sans que personne n’intervienne. Moebius a inventé le « cauchemar d’un blanc ». Un petit joyau de quelques pages, un scénario de court-métrage parfait.

C’est un scénario que je voulais faire depuis longtemps et sur lequel j’avais commencé à travailler avant Fierrot le pou. Mais l’ambition du projet (une véritable superproduction à mon niveau) m’a empêché de parvenir à mes fins et de remettre mes prétentions à plus tard.

Finalement Fierrot le Pou apporte à Christophe et a moi assez de crédibilité pour envisager de faire un second film même si le CNC ne nous fournis pas d’aides.

Je ressors ma copie de Cauchemar Blanc d’un tiroir et nous nous lançons dans notre premier court-métrage « professionnel à gros budget »… Tout un programme.

La première nuit de tournage, j’ai gâché du temps pour obtenir un plan (le premier plan du film) sans réaliser que je mettais en péril tout le reste de mon découpage. Première approche du format professionnel 35 mm. Tournage très difficile car très froid et sous le vent qui empêche de faire tenir les lumières sur pied. 5 jours de tournage avec du matériel 35 mm, plus encombrant, plus professionnel… Plein d’erreurs sous forme de baffes dans la gueule qui me serviront par la suite.

Merci a Moebius de m’avoir signé mon scénario quand je le traquait dans les conventions de BD pour pouvoir lui parler du projet, il m’a donné l’autorisation et les droits en 5 minutes en signant mon édition originale de Cauchemar Blanc. Son accessibilité et sa gentillesse m’ont donné beaucoup de courage pour continuer et persévérer.

Mathieu Kassovitz


© mathieukassovitz.com

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