Assassin(s)
1997 - Réalisation : Mathieu Kassovitz. Ecrit par Nicolas Boukhrief et Mathieu Kassovitz. Produit par Christophe Rossignon. Une production Lazennec. Avec : Michel Serrault, Mathieu Kassovitz, Medhi Benoufa

Monsieur WAGNER est un artisan. Depuis plus de quarante ans, il est payé pour tuer des gens. Et depuis plus de quarante ans, il pratique son métier avec l'amour du travail bien fait, avec une éthique ambiguë mais réelle, et selon lui nécessaire.
En rencontrant MAX, 25 ans et sans emploi, WAGNER pense avoir trouvé son successeur. Il va s'appliquer à lui enseigner son savoir-faire et son sens de l'éthique... Mais les temps ont changé... Et l'éthique n'est plus ce qu'elle était...


Troisième long-métrage, mais premier long-métrage en 35mm ET en couleur.

Après l’expérience de Cannes en 1995 pour LA HAINE, qui m’apprend beaucoup sur « les medias » et leur manque d’éthique et d’intelligence, au profit de produits fait pour vendre aux plus grands nombres, je deviens très violent envers les journalistes, les accusant de manque de conscience morale et politique. Ceux-ci ne comprennent pas qu’on puisse les attaquer (surtout quand l’attaquant à de bonnes critiques) réagissent comme des enfants et deviennent agressifs.

Je décide, avec Christophe Rossignon, fidèle producteur, de revenir sur un court-métrage que j’avais réalisé 5 ans auparavant.

ASSASSINS, version courte, n’avait pas de vrai sujet, à part la volonté de réussir à faire sortir les gens de la salle en moins de 15 mn. Je voulais montrer une violence froide et horrible qui casse avec les effets spéciaux des films d’actions. Une violence proche de l’impact de la mort de Vinz dans LA HAINE. Cruelle et froide.

En prenant comme toile de fond le passage du savoir entre générations, j’écris le scénario avec Nicolas BOUKRIEFF (futur réalisateur et ancien journaliste).

ASSASSIN(S) deviens le parfait véhicule pour un film sans concessions sur l’importance des messages transmis aux jeunes à travers différents medias. Une fable violente et cinématographique. Inspiré par l’univers des frères Cohen ou de Polanski. Un vrai film de cinéma, bourré de références et de « trucs » visuel qui s’adressent aux amoureux de cinéma que nous sommes Nico et moi, et adressés bien sur aux journalistes.

Tout le monde m’attend avec la « HAINE 2, LE RETOUR DE VINZ » mais je décide de mordre la main qui me nourrit, et d’instiller le venin dans le corps du monstre…LA HAINE m’avait donné un crédit d’avance, si je ne l’utilisais pas là, je ne l’aurais jamais fait. Banzai.

L’expérience avec Michel Serrault à été un moment inoubliable. Nous nous sommes reniflés pendant quelque temps avant être confortable ensemble, mais dés qu’il m’a donné sa confiance, j’ai pu tout lui demander, et je lui ai demandé beaucoup. Je ne le remercierai jamais assez de m’avoir accompagné et défendu durant toute la fabrication et la sortie de ce film difficile. Je trouve que c’est un de ses plus beaux rôles.

Si je joue dans ASSASSIN(S) c’est parce que je ne pouvais pas passer à côté du plaisir de jouer avec Michel bien sûr, mais aussi parce que le film est si personnel dans ses convictions et ses attaques, que je devais m’y impliquer entièrement, c’est mon film le plus personnel et le plus douloureux, celui dont je suis le plus fier aussi.

ASSASSIN(S) est allé à Cannes où j’ai pris un malin plaisir à faire languir les journalistes en accordant que très peu d’interviews…

Le lendemain dans la presse, j’étais devenu le réalisateur du « plus mauvais film de l’histoire du cinéma ».

CQFD… ;-)

Mathieu Kassovitz

Ps : ASSASSIN(S) voit la fin de ma collaboration avec Christophe Rossignon, celui qui m’a permis de devenir ce que je suis aujourd’hui, et de la majorité de mon équipe technique dont certains remontent à mon premier court métrage. Merci a tous.


© mathieukassovitz.com

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